20 déc. 2009

Bollywood mon amour




Ah le cinema... voila la pierre d'achoppement de notre symbiose totale avec les indiens (pour le reste on est toujours perdus)

Ayant vu tout ce qu'il y avait a voir de touristique, nous jouons les habitues dans les memes cantines.

Nous avons tenu 3 jours a Colaba et avons echoue dans notre objectif premier...
Le jour de notre arrive on nous a propose ce pourquoi nous etions venus : un job de figurant pour une journee dans les studio de Bollywood !!!
Mais avec deja une nuit blanche dans la vue, nos plans sont tombes a l'eau avec la discussion nocturne en dolby surround de nos travellers hyper cool, hare khrishna a fond, cheveux aux henne, oreille percees et le Lonely dans la poche... (d'ou mon leger agacement et ma legere pointe de rancune affleurant dans l'article precedent).

NOtre carriere tombait a l'eau et avec elle notre chance de rencontrer notre idole Shahrukh Khan.
OUI, je dit bien idole. CAr ici , Shahrukh Khan est un Dieu.

IL est Krishna donnant du bonheur aux gens. Il offre du reve et de la vie. Et s'il roule en ferrary pour foncer rejoindre un studio de pub avec son helico prive, il n'y a qu'un blanc pour etre choque par cette inegalite. Il faut qu'il ait tout, car sinon, le Possible n'existerait plus pour un milliard d'indiens.
Ah la la si seulement Chestov avait pu connaitre sharukh Khan...

A l'office du tourisme de Bombay, nous avons trouve ou aller. Adieu lonely, nous en avons marre de vos defaillances geographiques pour vos echelles de plan, de vos choix heretiques en matiere culinaire et surtout, surtout, de votre ignorance frolant le mepris vis a vis de bollywood.

Tous les jours, a eleven peeptin (11h15), a 4 stations de train (qui sert de metro comme a Barcelone) de Churchgate Station, dans des quartiers ou on ne croise aucun blanc, il y a l'affiche le film culte de Shahrukh Khan dont nous connaissons les dialogues par coeur (ca sert pour voir un film 3h40 en hindi).

La dame de l'office du tourisme a souri devant notre requete : on veux voir un film qu'on connait deja, il y a un cinema qui passe des vieux films ?...
Que voulez vous voir ?
Nous avions une vingtaine de titres a citer mais le premier a fait tilt.
DILWALE...

En un instant ce fut la pagaille dans l'excellent (nous n'avons jamais vu aussi bien) office du tourisme indien...
Comment, on ne passe plus dilwale ?

Pour un peu nous avons failli initier une petition, une manifestation, une revolution...

Heureusement, ils ont trouve.

Dilwale Dulhania Le Jayenge, un film de 1995 presente l'alchimie la plus parfaite de toute l'histoire du cinema. Sur un synopsis tres simple, base sur l'idealisation de la Suisse par les indiens (un hindou nous a explique avec fierte y etre alle : le "systeme" suisse bien organise fait rever et contraste avec l'Inde... nous ont fait l'inverse), ce film degage une magie indemodable malgre l'empreinte esthetique des annees 80.

IL y avait du monde dans la salle, surtout des hommes.
LE drapeau indien apparait et dans ce pays a l'independance encore recente, le sentiment nationaliste tres vivace fait lever les gens (meme nous) puis des applaudissements.
Le film commence, ca siffle, ca crie.
Et quand la merveilleuse KAJOL apparait, c'est l'emeute, le balcon manque de s'effondrer.

Le cinema est vivant ici et cela fait plaisir. Comme nous ils connaissaient le film par coeur mais tremblaient devant les yeux du pere de KAjol, riaient des blague de sharukh Khan faisant son Sheitani sur sheitani... Et quand il la retrouve au Punjab... qu'elle entend les notes de sa mandoline et court dans les champs de fleur au lever du soleil vers sons amant au grand coeur (Le Jayenge).... La on a tous hurle de bonheur et applaudit en pleurant comme des madeleines...

Le Ramayana et le Mahabaratha, les premiers livres de l'histoire de l'humanite, sont les grandes epopees qui permettent de comprendre l'ame indienne et disent ce que doit etre l'indien vertueux, et plus encore (d'apres le Mahabarata, tout s'y trouve dedans, meme le rien)...

Dilwale est le ramayyana des temps modernes. Il est au cinema ce que le Mahabaratha est la poesie.

J'exagere un peu. Si peu pourtant.

En sortant, nous chantions tous

Tudje deka te ye jaana sanam, pyarr hota hay diwana sanam...


Depuis nous avons vu je ne sais combien de bouts de film a la tele, et Rocket Singh au cinema. Nous adorons ces cinema que regrette Eddie Mitchel, avec des places a differents tarifs, sieges inclinables , pop corn, intermission toute les 2 heures de film, nescafe que les indiens rendent delicieux en le faisant mousser ... et surtout la vie debordant de ces jolies salles avec le rideau qui se leve avant la projection...



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