L'arrivee a Madikeri ne fut pas de tout repos.L'enthousiame quelque peu chahute par le trajet en bus, nous arrivons dans une ville qu'il nous faut fuir : on est venus ici pour marcher dans la jungle et voir pousser tout un tas d'epices.
On est dans les Ghats occidentaux du Deccan, c'est a dire qu'on est montes a plus de 1000 metres d'altitude sur le plateau central de la pointe de la peninsule indienne (suis-je assez clair ? une carte le serait plus : regardez la !).
Seulement voila, tout est tres complique d'un coup et notre cher Lonely Planet ne nous propose des nuites qu'au prix de ce que l'on depense en une semaine...
Ralant contre le Lonely dont on ne va pas tarder a se debarasser (1Kg en moins !), puis traitant un rickshaw voleur de "cheater" (ca c'est vraiment quand ils exagerent a un point ou en France on en viendrait au bourre pif, ils n'aiment pas, mais ils arretent de nous prendre pour des cons et acceptent un tarif normal) (c'est le pakistanais du train pour teheran qui m'a appris ca, et dans les bollywood cela revient souvent).
Puis ce fut une vieille bique qui louait un taudis pour le prix d'un palace et voulait pas negocier.
Tout etait plein, tout etait cher, et on nous faisait beaucoup tourner en bourrique.
Mais tout s'arrange toujours dans ce pays et on a reussi a vite retrouver l'indolence ambiante avant d'avoir eu a s'enerver, ce qui ne sert a rien en Inde. La solution : sourire en dodelinant de la tete. On a donc attendu dans un office de tourisme pendant deux ou trois heures. Au bout d'un moment, un couple nous a retrouve. Apres avoir echange deux mots dans un anglais parfait nous en sommes venu au fameux "but you are french alors !".
Enfin, un homme est arrive, il nous a pris tous les 4 dans sa jeep. Un peu plus tard, on arrivait au milieu d'une plantation de cafe, chez Ramou et Madhu. On est baigne dans un bruit de foret tropicale qui nous appaise et nous rappelle la Guyane. Un veritable havre de paix et de contre pets...
Beatrice et Fabien en etait a leur Xieme voyage en Inde... Alsaciens et blagueurs, nous devisons avec Fabien tandis que les filles s'extasient devant les chiots nouveaux nes de Ramou. Apres avoir discute de nos preparatifs de voyage reciproque, on conclue qu'il est important avant de partir de toujours bien verifier l'age du vaccin...
Surtout, on parle de vin... Sylvaner, riesling et autres gewurtz...
Madhu est maman jusqu'au bout des ongles et se soucie ardamment de notre nutrition. On doit manger beaucoup pour qu'elle soit contente. Ca tombe bien : elle est bonne cuisiniere et moi j'ai un bon coup de fourchette (il faudrait plutot dire que j'aime donner des coups de main car en inde on mange avec les doigts) : on est faits pour s'entendre.
Ramou dirige une plantation de cafe, il est aussi responsable d'un temple. C'est un homme juste. Un "real indian" comme on dit dans les Bollywood. Les indiens ont tous en eux un quelquechose de Sharukh Khan. Chez Ramou, cela est evident.
On est restes 4 jours chez eux. On mangeait ensemble et Ramou et Madhu aimaient a venir nous voir tous les quatre pour discuter. On a pu voir la recolte du riz chez eux et des temples ou seuls les indiens allaient pour se purifier dans les eaux saintes d'un sangam (confluence sacree).
Mieux : on a fait une ballade delicieuse dans les plantations de cafe pour arriver au milieu de la jungle a un sangam ou un immense rocher creait un temple naturel, protegeant une pierre dont les asperites faisaient de suite penser a Mahaganapati, c'est a dire Ganesh, le fils de Shiva, reconnaissable a sa tete d'elephant. La, on a eu la chance d'assister a une puja magnifique, dans un lieu qui servait de taniere aux tigres. (telephones portables autorises comme au cinema)
Mais point de Sher Khan a l'horizon... J'ai vu autre chose.
Si mon ami Mc Intyre m'appelle oeil de Lynx ce n'est pas pour rien. Une forme bouge au loin, cela brille. C'est mauvais signe. Attention.
En passant, en voiture, je vois a quelques metres clairement la chose, haute de un bon metre, s'entrelacant tel un caduce, se cabrant virilement et caressant femininement : deux cobras s'aiment a tel point qu'ils en oublient qu'ils sont arrives au bord d'une route.
Nous n'avions pas de flute et avons donc prudamment choisi de ne pas nous arreter. Dans ma vie j'ai vu pas de choses bizarres et saugrenues mais deux cobras faisant l'amour, ca je ne l'avais jamais vu...
Pour se remettre de toutes ces emotions, nous avons donc suivi des moeurs alsaciennes et passe la soiree a deguster bieres, meme Ramou et Madhu en ont pris. Ramou, hote parfait, avait appele un artisan pour repare la porte de notre logis. Ne voulant pas nous deranger, il nous a laisse le choix dans la date et nous philosophames donc sur la philanthropie de l'ouvrier charpentier...












"l'aspect des ottomanes" n'aurait il pas une suite en Inde ???
RépondreSupprimerA coup sur ! cher ami anonyme
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